• Le confinement carcéral

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    Le confinement carcéral des logements au Pedregulho qui se comptent par centaines prend alors à la gorge ses occupants faméliques qui y pourrissent comme des cafards. Baignés par la lumière blanche du jour, des couloirs vides aériens qui s’étendent à l’infini contribuent à projeter cette sensation de chaos et de désolation dans ce bateau de l’horreur où naviguent ses prisonniers. Dans ces fausses prisons, des familles entières oubliées par le gouvernement, vivent dans le plus strict dénuement. La nourriture et l’eau chaude se font de plus en plus rares. Sur les plafonds craquelés, des ampoules nues comme des vers, projettent leur lueur blafarde sur les parois décrépies au pied desquelles gisent des lits défaits. Une odeur de renfermé envahit le plus souvent ces logements insalubres. Préférant se protéger de la pollution, les habitants laissent alors s’entasser leur odeur de sueur qui ne cesse de s’imprégner sur les rares meubles de leurs cellules. Vivant dans un véritable microcosme, ces personnes oubliées de tous contemplent leur passé pour chercher leur avenir.

    Et soudain un énième cri dans l’obscurité naissante vient déchirer la pesanteur mortuaire du Pedregulho.  Une sensation d’effroi s’engouffre alors dans les couloirs vides où seuls quelques rayons cathodiques de téléviseurs percent à travers les portes. Mais de cette clameur nocturne surgit alors de nouveau un silence de catacombe comme si rien ne s’était passé.....


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